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Les raisons de l’échec programmé de la COP21

Référence de l'article : DT4836
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écrit par Alain GIRARDEAU-MONTAUT,(12 Septembre 2015)

Les raisons qui expliquent l’échec programmé de la COP21 sont, selon nous :

La mauvaise compréhension du problème, un mauvais diagnostic, et de mauvaises solutions proposées. Il y aura donc une absence probable de consensus des principaux pays décideurs.

Mauvaise compréhension du problème

Le débat est poussé par les écologistes qui ont une attitude doctrinaire et moraliste. Ils veulent réduire la consommation (en particulier la circulation automobile) et la production (en particulier d’énergie nucléaire). Ils ignorent les aspirations de deux tiers de l’humanité qui souhaitent  la liberté de déplacement et veulent augmenter leur consommation énergétique. Ils feignent d’ignorer que le charbon est la source d’énergie la moins chère et la plus répandue (>30% du bilan mondial). Les pays grands consommateurs de charbon (Chine, Inde, Japon, Corée du sud, Russie, ....) sont majoritairement présents en Asie (à la redoutable exception des USA, et du tandem Allemagne/Pologne), et n’ont pas d’alternative qui soit rapidement meilleur marché.

Mauvais diagnostic 

Les écologistes proposent la réduction de la consommation énergétique qui a trop augmenté depuis le XIX ème siècle. Ils ne mènent aucune réflexion sur l’amélioration des process actuels et font une fixation anti-nucléaire très coûteuse en termes de… CO2 !

Mauvaises solutions proposées

La baisse de la production d’énergie et de la consommation se heurte à l’aspiration de  85% de l’Humanité, qui veut légitimement rattraper le niveau de vie des 15% les plus avancés.

Quelle compréhension est plus juste, à notre avis ?

Il s’agit de réduire l’effet de serre, par la réduction des émissions de CO2 et d’autres gaz, encore plus dangereux (CH4, SF6,…).

Quel diagnostic ?

Cette réduction des émissions passe par le captage du CO2 émis essentiellement par la combustion du charbon et du pétrole (plus de 60% du total), ainsi que par l’amélioration des rendements énergétiques et émissifs.

Quelles solutions possibles ?

  • Augmentation de la recherche pour le captage du CO2 à la source
  • Amélioration des rendements, c'est-à-dire remplacement des centrales ou des grandes installations industrielles obsolètes selon ces critères.
  • Augmentation du prix du CO2 et généralisation de celui-ci, mais à des niveaux acceptables, afin de réorienter les modes de production/consommation. Mais le charbon restant l’énergie la moins chère et la plus disponible, ceci ne se fera malheureusement que très progressivement.
  • Utilisation des capitaux récupérés par la fiscalité vers la recherche de captation du CO2 émis, l’amélioration de l’efficacité de la production d’énergie, et les économies de consommation chez ceux qui utilisent les différentes sources d’énergie.
  • Continuer à développer le nucléaire, et inciter les Pays qui l’ont stupidement abandonné à revenir sur leur décision. La décision d’arrêter le nucléaire a abouti, partout dans le Monde, à un surcroît très important de production  de CO2 (pour compenser le manque énergétique), soit chez soi, soit chez les Pays voisins.  Le plus bel exemple est celui de l’Allemagne, dont la « folle » décision [1] a généré la construction de centrales au charbon, notamment en… Allemagne et en Pologne, d’où l’électricité est ensuite importée.

Le débat franco-français actuel sur l’arrêt des subventions aux centrales au charbon exportées  est illustratif du blocage intellectuel des écologistes français. Ils prennent au mot les promesses de campagne mal formulées du candidat Hollande. Le remplacement d’une centrale actuelle par une nouvelle centrale moins émettrice est un mieux qu’il faut encourager. S’en tenir au seul mot « charbon » n’a pas de sens, ni économique, ni écologique ! De plus, et surtout, pénaliser les seuls industriels français, sans action sur les autres industriels européens ou mondiaux, non seulement ne sert à rien, mais détruit des emplois en France. De toutes façons, il faut regarder la réalité des chiffres en face (cf.le tableau ci-dessous: la France pèse tellement peu dans le monde du charbon que sa voix est inaudible: 0,00003% de la production mondiale et 0,002% de la consommation mondiale. C'est l'Asie, avec les USA, qui détiennent les clés des futures décisions, ou absences de décisions.




[1] : voir à ce sujet ce que pense Sigmund GABRIEL, le vice-Chancelier de l'Allemagne :

http://www.lasyntheseonline.fr/developpt_durable/transition_energetique/le_vice-chancelier_allemand_la_transition_energetique_est_une_folie,31,3605.html


(Mis en ligne le 12 Septembre 2015, et enrichi le 13 matin)           

 

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