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La culture scientifique est à reconquérir

Référence de l'article : DS7438
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écrit par Virginie TOURNAY,Directeur de recherche au CNRS, Membre du conseil scientifique de l'OPECST,

(L’actuelle polémique stérile sur l’utilité ou non des vaccins souligne malheureusement que le niveau des connaissances de base dans le domaine scientifique est plutôt en train de reculer que de progresser. Aussi il nous est apparu bénéfique de reproduire une Tribune tout-à-fait appropriée sur la nécessaire reconquête de la culture scientifique. Comme le conseillait Nicolas Boileau :« Hâtez-vous lentement, et, sans perdre courage, Vingt fois sur le métier remettez votre ouvrage » (NDLR).

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La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert. Cette parole d’André Malraux, alors Ministre des affaires culturelles ne trouve pas encore son application dans le domaine de la transmission scientifique. Depuis plusieurs années, on assiste à une remise en cause croissante de l’universalité, de la valeur culturelle et de l’impact social du travail scientifique. L’incertitude normale, constitutive des premières étapes de tout développement scientifique ou technologique suscite parfois des inquiétudes. Des postures idéologiques fondées sur une défiance croissante vis-à-vis des processus d’acquisition des données scientifiques les alimentent. Dans ce relativisme culturel, la connaissance sociale de la science s’éloigne des considérants scientifiques.

Déjà, en janvier 2008, une tribune d’académiciens, dans le Figaro, s’inquiétait des freins portés à l’innovation en raison de cette atmosphère de suspicion. En 2013, Robert Badinter, Jean-Pierre Chevènement, Alain Juppé et Michel Rocard sonnaient l’alerte dans les colonnes de Libération, dénonçant l’impossibilité de conduire des débats scientifiques réellement ouverts et contradictoires sans être entravés par des minorités bruyantes, parfois violentes. L’incendie volontaire du centre de culture scientifique la Casemate en novembre dernier, au cœur de la technopole grenobloise, revendiqué par des minorités anti-progressistes, est un délit qui doit nous inquiéter. S’attaquant à l’expertise, la contestation se déplace dorénavant sur le terrain des symboles de la culture scientifique. L’atteinte démocratique est totale puisqu’elle touche l’essence même de la civilisation.

Alors oui, la culture scientifique est à reconquérir ! De la même manière que les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis comme nous en avertissait Simone de Beauvoir, la culture scientifique n’est pas une simple accumulation de découvertes et de savoirs figés. Elle est l’héritage conquis d’un ensemble de valeurs culturelles qui renouvelle le contrat social d’une part et qui d’autre part, contribue à la formation de citoyens éclairés, libres et capables d’une appréhension raisonnable et raisonnée des risques. Ce rapprochement avec les questions sociétales est loin d’être anodin. Il ne faut pas oublier que le gain de temps au quotidien, la modernisation de la cuisine et du ménage, la conservation des mets, la révolution agricole, la communication, l’univers des loisirs ainsi que l’allongement moyen de l’espérance de vie de 70% depuis le début du vingtième siècle sont directement issus des acquis scientifiques et technologiques.

Dans ce cadre, la précaution conçue comme un processus interactif régulier entre l’évaluation des données scientifiques disponibles et l’action est essentielle. Si la constitutionnalité de ce principe est désormais acquise, elle s’accompagne hélas d’un populisme précautionniste omniprésent pour reprendre la formule du sociologue Gérald Bronner. En témoigne le besoin qu’ont éprouvé en 2016 une centaine de prix Nobel de publier une lettre ouverte demandant aux gouvernements du monde entier de désavouer les campagnes d’opposition contre le riz doré. Jugée sûre par les instances scientifiques et réglementaires compétentes, la production de cet organisme génétiquement modifié enrichi en vitamine A détient le potentiel de réduire une grande part des pathologies causées par ce type de carence.

D’autres produits issus du génie génétique sont porteurs d’améliorations potentielles qui mériteraient d’être testées. En 2013, les auteurs de la tribune soulignaient déjà les effets institutionnels de ce climat délétère, notamment au sein des organismes de recherche enclins à donner une forte priorité aux études portant sur les risques ténus de telle innovation plutôt que sur les bénéfices.

Loin de n’être qu’une opposition isolée aux cultures et aux aliments améliorés par les biotechnologies, de tels comportements nécessitent une compréhension culturelle de la précaution afin d’éviter une surestimation de son champ d’application. Aussi, priver un accès raisonné des agriculteurs aux outils de la biologie moderne et aux produits phytosanitaires est susceptible de conduire à une crise sanitaire et économique grave. Outre le transport de passagers, le développement de l’aéronautique qui engendra jadis des peurs, est aujourd’hui indispensable à la connaissance de l’atmosphère terrestre, à la météorologie. Ces ignorances culturelles focalisent davantage notre attention sur les conséquences possibles des actions technologiques, qui sont évaluées et peuvent faire l’objet de suivi, au détriment des conséquences de l’inaction publique qui ne peuvent pas être mesurées.

Or, la précaution ne signifie pas résistance au changement mais elle a pour visée la protection de la santé des personnes et de l’environnement. Oter de façon systématique les vaccins, les produits pharmaceutiques, les micro-ondes, les compteurs électriques, la viande rouge, les fertilisants, le gluten, les satellites météorologiques et les outils de télécommunication à l’humanité aurait certainement des effets plus négatifs que positifs et constituerait dès lors une grave atteinte à l’esprit de la constitution. Il faut ainsi apprendre à faire la part des choses entre les effets réels d’une action, et ce qui relève de la légende sociale.

Alors oui, la culture scientifique est à reconquérir ! Avec la révolution numérique, la dérégulation du marché de l’information est aujourd’hui encore plus forte et suppose une vigilance du système politico-médiatique et une indépendance de la recherche à l’égard de toute forme de pressions. On ne peut que s’étonner du silence assourdissant des médias lors du vote à l’unanimité de la résolution sur les sciences et le progrès dans la République par une pluralité de groupes politiques à la fin de la dernière session parlementaire en février 2017. L’information est pourtant de taille. La représentation nationale reconnaît une prise en compte insuffisante de l’expertise scientifique dans les processus de décision politique. De la biologie de synthèse aux nouvelles biotechnologies, les rapports de l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques (OPECST) sont très peu commentés. Ainsi, le succès d’essais cliniques chez des petites filles atteintes de leucémies incurables aux US en 2013 et en 2015 au Royaume-Uni par les nouveaux outils de la modification ciblée du génome n’a eu que peu d’impact social.

La reconquête de la culture scientifique nécessite de réfléchir à des mécanismes suscitant le désir de culture, à des médiations conduisant à une rencontre vivante avec la science. C’est un défi qui engage les acteurs politiques, médiatiques, culturels et scientifiques et qui plaide pour une plus grande reconnaissance du rôle des associations de culture scientifique par les pouvoirs publics. Cela oblige à penser le développement d’une communication allant au-delà des formes traditionnelles déjà mises en œuvre par les institutions. Une structure de médiation qui assisterait les médias sur des sujets controversés doit être fondée. Les étudiants, toutes disciplines confondues, doivent être sensibilisés à la vulgarisation scientifique. Il importe de développer des médiations numériques pour s’adapter à la nouvelle économie de l’information à l’ère des réseaux sociaux. De nombreuses chaînes s’affirment sur Youtube, animées par des médiateurs sachant combiner le plaisir de la démonstration et de l’explication comme dans les musées scientifiques, avec celui de l’histoire culturelle des sciences comme dans les musées d’art. C’est à cette condition seule que le futur scientifique deviendra un présent offert par le passé, pour reprendre, en le paraphrasant, André Malraux.

 

  1. Virginie TournayDirectrice de recherche au CNRS (CEVIPOF SciencesPo), membre du conseil scientifique de l’OPECST.
  2. Jean-Pierre SauvageAcadémie des sciences, Prix Nobel de Chimie 2016.
  3. Roger GuilleminAcadémie des sciences américaine, Prix Nobel de Médecine/Physiologie 1977.
  4. Albert FertPrix Nobel de physique 2007, Médaille d’or CNRS 2003.
  5. Jean-Marie LehnPrix Nobel de Chimie, 1987.
  6. Jules Hoffmann. Prix Nobel de Physiologie/Médecine 2011, membre de l’Académie des Sciences et de l’Académie Française.
  7. Robert BadinterProfesseur émérite de l’université Paris I Panthéon-Sorbonne et ancien président du Conseil Constitutionnel.
  8. Dominique SchnapperDirectrice d’études à l’EHESS, membre honoraire du Conseil Constitutionnel.
  9. Jean-Yves Le DéautAncien président de l’OPECST, porteur de la résolution sur les sciences et le progrès dans la République.
  10. Philippe BusquinAncien Commissaire européen à la Recherche.
  11. Geneviève FiorasoAncienne ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ancienne députée membre de l’OPECST.
  12. Catherine Regnault-RogerProfesseur des universités émérite à l’UPPA, membre de l’Académie d’agriculture de France et de l’Académie nationale de Pharmacie.
  13. Gérald BronnerMembre de l’académie des technologies et de l’académie de médecine.
  14. Gilles Roussel. Président de la Conférence des présidents d’université.
  15. La Conférence des présidents d’université.
  16. Guy Lengagne. Ancien ministre.
  17. Bernard AccoyerAncien président de l’assemblée nationale, porteur de la résolution sur les sciences et le progrès dans la République.
  18. Gil Kressmann. Membre de l’Académie d’agriculture de France.
  19. Jean-Paul Krivine. Rédacteur en chef de Science et pseudo-sciences, Association française pour l’information scientifique (AFIS).
  20. Laurent ChicoineauDirecteur du Quai des savoirs à Toulouse.
  21. Pierre Corvol. Président de l’Académie des sciences.
  22. Bruno Jarry. Président de l’Académie des technologies.
  23. Agnès ArtigesSecrétaire perpétuel de l’Académie Nationale de Pharmacie.
  24. Jean-Loup Parier. Président de l’Académie Nationale de Pharmacie.
  25. Jean-Louis BernardPrésident de l’Académie d’agriculture de France
  26. Bernard HervieuAncien président de l’Académie d’agriculture de France
  27. Gérard TendronSecrétaire perpétuel de l’Académie d’agriculture de France.
  28. Christian ChatelainPrésident de l’Académie nationale de Médecine.
  29. Daniel CouturierSecrétaire perpétuel de l’Académie nationale de Médecine.
  30. Marc GentiliniPrésident honoraire de l’Académie nationale de Médecine.
  31. Michel Thibier. Ancien président de l’Union européenne des académies d’agriculture (UEAA)
  32. Claudine TiercelinProfesseur au Collège de France, membre de l’Académie des Sciences Morales et Politiques et membre de l’Academia Europaea.
  33. Bernard AlauxAncien directeur de Cap Sciences à Bordeaux.
  34. Laurent AlexandreChirurgien et entrepreneur.
  35. Ange AnsourCofondatrice et directrice Les Savanturiers-École de la Recherche.
  36. Jean-Claude ArtusProfesseur émérite Université de médecine ; ancient chef du département de médecine nucléaire, ICM (Institut du cancer de Montpellier, France)
  37. Brigitte AxelradProfesseur honoraire de philosophie, vice-présidente de l’AFIS (Association française pour l’Information scientifique) et membre de l’Observatoire zététique.
  38. Virginie Bagneux. Enseignant-chercheur UNICAEN et ex-présidente de l’observatoire zététique
  39. Yves BambergerPrésident du comité d’entreprise de l’Académie nationale de technologie de France. Ancien directeur de la recherche et du développement d’EDF. Professeur honoraire à l’École Nationale des Ponts et Chaussées.
  40. Cédric BlanpainProfesseur à l’Académie royale de médecine de Belgique, Cercle FSER.
  41. Vincent BergerProfesseur, directeur de la recherche fondamentale au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA).
  42. Jacques BernardMilitant au sein d’une association de lutte contre les maladies rares
  43. Julien BobroffPhysicien, Professeur à l’université Paris-Sud.
  44. Yves Bréchet. Membre de l’Académie des sciences.
  45. Serge Bret-Morel. Président de l’Observatoire zététique.
  46. Sébastien CarassouAstrophysicien et communiquant scientifique “The Sense of Wonder”, président de Conscience, une association pour la sensibilisation des sciences.
  47. Elodie ChabrolDirectrice internationale du festival « Pint of Science ».
  48. Gabriel ChardinPhysicien CNRS, médaille d’argent du CNRS.
  49. Alain ChédotalINSERM, Académie française des sciences, Cercle FSER.
  50. Pascal ColombaniVice-président du Conseil stratégique de la recherche. Président d’honneur de Valeo.
  51. Laurent CordonierDocteur en Sciences sociales, Université de Neuchâtel.
  52. Yvette DattéeDirecteur de recherche honoraire INRA, membre de l’Académie d’agriculture de France.
  53. Héloïse DufourDirectrice du Cercle FSER.
  54. Mathias DufourPrésident #LePlusImportant
  55. Guillaume DesbrosseDirecteur du CCSTI La Rotonde de Mines Saint-Etienne – Président de l’AMCSTI.
  56. Jean-Pierre Décor. Membre de l’Académie d’agriculture de France.
  57. Alain DeshayesDirecteur Honoraire de Recherche de l’INRA et président de l’AFBV.
  58. Téo Drieu. Médiateur scientifique, balade mentale.
  59. Michel DronProf émérite Biol Veget, UP Saclay/Orsay, Membre Académie d’agriculture de France.
  60. Thomas C. DurandVulgarisateur sur La Tronche en Biais, codirecteur de l’association pour la science et la transmission de l’esprit critique (ASTEC).
  61. Jean-Marc EglyAncien directeur de recherche INSERM, Académie des Sciences.
  62. Marc Fellous. Professeur émérite de Génétique Humaine. Université Denis Diderot et Institut Pasteur Paris.
  63. Stuart FiresteinProfesseur, directeur du département des sciences biologiques, Université Columbia.
  64. Alain Fisher. Professeur d’immunologie pédiatrique à Necker, professeur au Collège de France.
  65. Philippe FoussierAncien Grand Maître du Grand Orient de France.
  66. Georges FreyssinetConsultant en biotechnologies végétales.
  67. René FrydmanGynécologue des hôpitaux de Paris, à l’origine du premier « bébé éprouvette ».
  68. André GallaisProfesseur honoraire de génétique et d’amélioration des plantes, membre de l’Académie d’agriculture de France.
  69. Thierry GalliDirecteur de recherche INSERM. Directeur du Centre de Psychiatrie et Neurosciences.
  70. Nicolas GauvritMathématicien et responsable du site “esprit critique info”.
  71. Aurélie Haroche. Rédactrice en chef JIM.fr
  72. Patrick Hennebelle. Astrophysicien, Chercheur au CEA, ENS-Ulm.
  73. Anne Houdusse-JuilléDirecteur de recherche en biophysique CNRS/Institut Curie, médaille d’argent du CNRS.
  74. Jean-Baptiste JeanyDirectrice de La Casemate.
  75. Philippe JoudrierEx-directeur de recherche à l’INRA.
  76. Patrick KesselPrésident honoraire du Comité Laïcité République (CLR).
  77. Bernard Le Buanec. Membre de l’Académie d’agriculture de France et de l’Académie des technologies.
  78. Anne-Yvonne Le Dain. Scientifique, géologue, agronome, ancien membre du Parlement.
  79. Patrick LévyPrésident de l’Université Grenoble
  80. Roger Lepeix. Président de l’AFIS.
  81. Florent MartinVice-président de l’observatoire Zététique.
  82. Patrick MehlenAcadémie des Sciences, Médaille d’argent du CNRS, Cercle FSER.
  83. Marina Messina. Présidente de l’Observatoire Zététique.
  84. Christophe MichelMédiateur scientifique, vidéaste de la chaîne “Hygiène Mentale“.
  85. Jean-Luc MorelChercheur CNRS.
  86. Pierre MutzenhardtPrésident université Lorraine.
  87. Antoine ParienteProfesseur de Pharmacologie, Université de Bordeaux (drugssafe.fr).
  88. Gérard PascalMembre de l’Académie des technologies et de l’Académie d’agriculture de France.
  89. Georges PelletierMembre de l’Académie des sciences.
  90. Jean-Claude PernolletMembre de l’Académie d’agriculture de France, Directeur de recherche honoraire de l’INRA.
  91. Anne PerrinBiologiste et diplômée en philosophie. Consultante. Membre du Haut Conseil de Santé Publique. Ancienne présidente de l’AFIS.
  92. Florence PorcelVulgarisatrice et youtubeuse.
  93. Franck Ramus. Directeur de recherche CNRS en sciences cognitives, professeur attaché à l’ENS, membre du conseil scientifique de l’Education Nationale.
  94. Jocelyn RaudeProfesseur à l’École des Hautes Études en santé publique (EHESP).
  95. Henri RegnaultProfesseur émérite UPPA en économie.
  96. Dominique ReyniéProfesseur des Universités à SciencesPo et directeur de La Fondapol.
  97. Daniel RouanPrésident de la fondation La main à la pâte, Académie des sciences.
  98. Marion SabourdyResponsable des nouveaux médias à La Casemate.
  99. Guy Saez. Directeur de recherche émérite au CNRS, Science Politique.
  100. Jean-Pierre SakounPrésident du Comité Laïcité République (et au nom du CLR).
  101. Jean-Loup Salzmann. Ancien président de la conférence des présidents d’université.
  102. Guy Vallancien. Membre de l’Académie nationale de médecine et membre du conseil scientifique de l’OPECST.
  103. Daniel Verwaerde. Membre de l’Académie des Technologies.
  104. Charles VincentChercheur, Académie d’agriculture de France, membre honoraire de la Société d’entomologie d’Amérique. Membre de la Société d’entomologie d’Amérique, de la société d’entomologie du Canada et de la Société Royale d’entomologie (Londres, Royaume-Uni).

 
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(Tribune initialement publiée sur le site du Huffingtonpost le 24 février 2018 :  
https://www.huffingtonpost.fr/virginie-tournay/ne-nous-reposons-pas-sur-nos-lauriers-en-france-la-culture-scientifique-est-a-reconquerir_a_23369215/)

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Tribune reproduite ici avec l'autorisation de l'Auteur :

https://reconqueteculturescientifique.wordpress.com/home/la-culture-scientifique-est-a-reconquerir/

(Mise en ligne le 18 Mars  2019)