Se connecterS'abonner en ligne

François rugit : « C’est Homard qui m’a ébouillanté »

Référence de l'article : DE7686
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Loïk LE FLOCH-PRIGENT,Né à Brest, ingénieur, homme d'affaires, essayiste,( 16 Juillet 2019)

 

Les mésaventures du ministre de l’Écologie du temps où il présidait l’Assemblée nationale, a mis en vedette à son insu un des trésors de la Bretagne, le homard ! Il faut dire que le ministre est breton et que le point positif est la mise en valeur, devant le célèbre vin Château Yquem, des précieux crustacés. Tout ceci est dérisoire, médiocre, les révélations, comme les commentaires suivis par les éléments de défense de l’intéressé et de ses amis, on pourrait même dire que tout cela est plutôt minable.
 
Mais cette hypocrisie qui affiche une pureté irréprochable est un symptôme d’autre chose, la distance entre les propos engagés pour le climat et les milliards d’argent public dépensés pour faire l’inverse, la pureté est dangereuse pour les hommes et les femmes politiques, elle l’est encore plus lorsque l’on veut s’afficher plus écologiste que tous les autres… et c’est là que l’on retrouve notre homard avec ses compagnons, les tourteaux, les araignées de mer et les coquilles Saint-Jacques. Car ces grands défenseurs de la nature sont également ceux qui ne veulent pas entendre et qui éconduisent rageusement les artisans pêcheurs (de homards !) qui s’inquiètent de la multiplicité des forages en mer côtière pour installer les fameuses éoliennes en mer.

DES ÉNERGIES RENOUVELABLES TRÈS CHÈRES

Le ministre était ainsi il y a quelques jours pour célébrer la fin des recours à Saint-Nazaire, pour annoncer le résultat de l’appel d’offres de Dunkerque et pour affirmer le maintien de la politique stupide qui dit remplacer les centrales nucléaires par des éoliennes, c’est-à-dire une énergie pilotable par une énergie intermittente ! On a le vertige quand on regarde les chiffres de ces engins ancrés dans le sol de nos côtes par des forages au-delà de 70 mètres, on parle de milliards d’euros et non plus d’un crustacé à 35 euros le kilo, on parle de raccordement à la charge de l’État (RTE), par champ, de 250 millions d’euros, on parle aussi de zones de pêche dévastées dès les premiers forages comme l’ont exprimé les pêcheurs de la baie de Saint-Brieuc dépendant en grande partie de la coquille Saint-Jacques et des autres crustacés quand la récolte est interdite. On limite les recours, on les regarde avec dédain, on les ignore, on refuse d’en parler, mais on espère bien que dans d’autres coins de la Bretagne les homards pourront se réfugier pour nourrir les appétits de ces messieurs.
 
Que l’attention des politiques et des médias se concentre sur les malheureux homards de l’Assemblée nationale alors que le problème posé par l’écologie politique et ses adeptes c’est de ne plus défendre la nature, la vie, mais de nourrir leurs fantasmes d’énergie « gratuite » issue du vent et du soleil est atterrant sur l’évolution de notre société, je ne voudrais pas dire de ses « élites » car ce mot est en train de perdre de sa signification.

LE PROBLÈME DE COHÉRENCE

Non, le scandale n’est pas le homard du président, c’est l’incohérence entre le mangeur de homards et celui qui prolonge à l’excès le programme absurde d’éoliennes en mer et de leurs centaines de forages sans examen des conséquences sur la faune et la flore marines. Les affreux pétroliers dont on dénigre systématiquement les pratiques au point de les clouer au pilori des futurs Jeux Olympiques par exemple, ces affreux ont inventé les forages horizontaux pour ne jamais heurter les rivages, leurs forages en mer sont calculés au cordeau et observés avec vigilance par des armées de contrôleurs, mais ici parce que l’on fait le « bien » on a tous les droits, celui de dépenser sans compter, celui de tuer faune et flore, celui ne pas entendre les contradicteurs… ce qui n’empêche pas comme on vient de le voir, de manger du homard breton, le meilleur évidemment, comme la coquille Saint-Jacques.
 
Il est temps de ne pas s’indigner pour des peccadilles, mais de bien comprendre que les incohérences actuelles nous amènent droit dans le mur :
— elles conduisent au renchérissement de l’électricité,
— elles fragilisent notre environnement, en particulier faune et flore marines,
— elles condamnent notre industrie qui n’est pas installée sur la fourniture des éoliennes (ni d’ailleurs des panneaux solaires, des batteries…), mais qui fournit les énergies concurrentes.

Tout ceci participe à la destruction de notre environnement, à la chute de compétitivité de notre industrie, au maintien d’un chômage indécent…

Que l’on prenne la lutte contre les énergies fossiles, contre l’énergie nucléaire, contre le diesel, contre l’avion, la voiture thermique, tout va dans le sens d’un affaiblissement de notre pays au profit des autres pays qui cultivent le pragmatisme. L’industrie nucléaire sera dans le mix électrique du futur, les énergies fossiles fournissent une bonne part de l’énergie électrique mondiale et plus de 80 % de l’énergie des transports, on ne va pas avec quelques élucubrations d’illuminés modifier en dix ans, en vingt ans, en trente ans cet état de fait avec une population de plus de 7 milliards d’êtres humains. Le coût en serait faramineux et le temps, s’il en était ainsi décidé, serait long, très long. C’est donc autrement que l’Histoire va s’écrire, avec la science et la technique et des objectifs clairs.
 
Ce n’est pas en tuant les homards avec les forages des éoliennes en mer et en en offrant à ses invités que l’on va sauver la planète, ou plutôt les humains sur la planète, c’est en prenant conscience des incohérences de l’écologie politique et en revenant à la véritable écologie, celle de la vie, des rapports de vie, de la défense de la nature et non de la défense d’une idéologie.

____________________________________________________________________________
Article reproduit avec l'autorisation de l'éditeur :
https://www.contrepoints.org/2019/07/16/349163-en-vedette-cet-ete-le-homard-breton 
 
(Mis en ligne le 16 Juillet 2019)

 

Articles similaires
Au fond, à quoi servent les énergies...Tarifs EDF : la vraie raison de la demande...Electricité : le 10 Janvier 2019, la France a...Comment les crédits carbone bénéficient à la...L’énergie de la houle ? Une idée qui a sombré...Non, « vert », « écologique » et « renouvelable »...La France bientôt dans le noir, ou les méfaits de...Le marché du stockage de l'énergie : bilan...Éolien offshore : les 15 milliards d’économies...Attention, le photovoltaïque brisera le dos du...An in depth analysis of the global renewable...Ségolène Royal : sa dernière usine à gaz solaire,...Les énergies renouvelables et le théorème du...L’éolien dépasse en 2016 le charbon en capacité...Qui est vraiment Yannick Jadot, le candidat EELV...Pas de permis de construire pour AGRANDIR les...Qui se préoccupe vraiment de la santé des...Solaire: classement mondial des capacités...Oups ! Avec les biocarburants, l’Europe a...La nouvelle Tesla Model 3 présentée au monde...Mais où sont passés les soi-disant emplois de...Les éoliennes ne sont pas écologiques: la...Bill Gates pense que les énergies renouvelables...Éoliennes et Santé : rapport de la Commission...Batterie Tesla PowerWall, sachons raison garderLes éoliennes ne sont pas écologiques :...Électricité : le mirage du stockageVert comme la Tour Eiffel ?Les énergies renouvelables vont-elles éliminer le...Face à l’escroquerie éolienne : la...Transition énergétique : l’Aéroport Nice Cote...Éolien : le coup de la pale ?Espagne : l’effondrement de la transition...Le GIEC admet que le consensus sur les...Stocker les énergies renouvelables grâce à...Recul de l’éolien et du solaire en France en...De l’utilisation abusive du terme « énergies...Forêt et CO2 : couper ou conserver ?Le bois, énergie d'avenirTotal Sunpower et Etrion lancent la plus grande...L’industrie chinoise passe au vertDégradation des relations entre l’UE et la Chine...L'UE taxera les panneaux solaires chinoisSolaire chinois : bataille sur l’instauration de...Pakistan : élections sous tensions...Voitures électriques : les bornes DBT-CEV...Des fondations flottantes pour l’éolien offshore...Japon : réorganisation complète du secteur...Le chinois Suntech, numéro un mondial du solaire,...Theolia rachète l'allemand Breeze Two...Troisième appel d'offres pour l'éolien...La crise réduit la consommation d'énergie...