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Gaz de schiste : les entreprises européennes s’expatrient aux USA

Référence de l'article : DE3648
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écrit par Meagan CLARK,

L’essor rapide du gaz de schiste aux États-Unis attire les entreprises industrielles étrangères qui cherchent à profiter des énergies et des matières premières moins chères.

Dans le sillage du boom américain du gaz de schiste et de l’électricité moins chère qui en résulte, les fabricants américains ont rapatrié chez eux leurs activités de l’étranger, et désormais les fabricants étrangers, notamment en provenance d’Europe, déplacent leurs installations vers les États-Unis.

Alors que, dans le marché de l’énergie des États-Unis, les prix ont chuté en raison du gaz naturel peu onéreux, en Europe les prix de l’énergie sont beaucoup plus élevés, surenchéris par les subventions pour l’énergie éolienne renouvelable et les projets d’énergie solaire. Les énergies publiques européennes ont conduit à démanteler des milliers de gigawatts de turbines à gaz dans un effort pour minimiser les pertes.

L’un des exemples les plus récents du déplacement de la production européenne aux États-Unis est celui de l’allemand Siemens, qui fournit des équipements pour les entreprises, qui extrait et transporte le gaz naturel, convertit le carburant en énergie, et utilise l’électricité à grande échelle pour la fabrication.

« Même si nous avons déjà manqué quelques opportunités, notamment dans l’exploration non conventionnelle du pétrole et du gaz, nous avons encore d’excellentes possibilités de pénétration du marché, en particulier en Amérique du Nord », a déclaré Joe Kaeser le PDG de Siemens lors d’une conférence de presse mercredi dernier.

Mardi 6 mai, Kaeser a nommé l’américaine Lisa Davis, ex-directrice de la stratégie chez Royal Dutch Shell, comme responsable de l’énergie chez Siemens. Elle travaillera à partir des États-Unis, une première pour Siemens basée à Munich, selon le Wall Street Journal. Siemens est en concurrence avec la société Connecticut General Electric Co.

L’allemande BASF SE, la plus grande entreprise de produits chimiques au monde, a annoncé ce mois-ci qu’elle envisageait de construire une usine de 1,4 milliard de dollars aux États-Unis pour convertir le gaz naturel en propylène, un polymère entrant dans la fabrication de nombreux produits pétrochimiques.

L’aciériste Voestalpine, basé en Autriche, a annoncé l’an dernier son intention d’investir plus de 760 millions de dollars dans une usine au Texas, motivé par le gaz de schiste bon marché.

Il y a dix ans, les emplois manufacturiers américains partaient vers la Chine mais cette année, selon le Boston Consulting Group, ce sont plus de 50 pour cent des entreprises américaines valant au moins un milliard de dollars et ayant des activités en Chine qui envisagent de rapatrier tout ou partie de leur production. Par exemple, Wal-Mart Stores, Inc. prévoit de transférer 50 milliards de dollars vers le secteur manufacturier aux États-Unis.

Selon la National Association of Manufacturers, l’exode est dû aux prix élevés de l’énergie chinoise par rapport à l’Amérique, à l’escalade des salaires en Chine, au manque de protection de la propriété intellectuelle, à la pollution de l’air et aux prix des terrains.

Article publié à l’origine sur le Site Contrepoints.fr et reproduit ici avec l’autorisation de l’éditeur : http://www.contrepoints.org/2014/05/15/166081-gaz-de-schiste-les-entreprises-europeennes-sexpatrient-aux-etats-unis

(Mis en ligne le 16 Mai 2014)