Se connecterS'abonner en ligne

Comment passe-t-on d’un discours très favorable au diesel (1974 à 2016) à un discours anti-diesel ?

Référence de l'article : DE7425
ImprimerEnvoyer par mailLinkedInTwitterFacebook
écrit par Michel GAY,(15 mars 2019)



Le gouvernement veut faire migrer les Français des voitures à moteur diesel aux voitures à moteur essence. Mais nos gouvernants, comme la plupart de nos concitoyens, n’ont aucune idée du procédé d’obtention des différents produits pétroliers qui dépendent les uns des autres.
 
Selon certains écologistes forcenés (les yaka-faucon), la solution est simple : YAKAPLU fabriquer de gazole et il FAUCON n’en achète plus !  Eux aussi croient que le gazole se produit sur commande.

UN PEU DE TECHNIQUE

Une raffinerie est une distillerie pour le pétrole. Le principe est le même que pour obtenir de la lavande pour la parfumerie, ou de la gnôle à partir de moût de raisin.
La distillation du pétrole est appelée le craquage.
Pour faire simple, et en schématisant :

  1. Le pétrole brut est chauffé doucement au début (20°c) dans une immense cuve ;
  2. Le pétrole dégaze le propane, le butane, et les GPL ;
  3. La chaleur augmente vers 150 à 200°c et apparaissent les essences de pétroles ; d’abord les naphtes pour la pétrochimie, puis l’essence pour nos voitures ;
  4. La température augmente encore jusque vers 300°c. Les huiles apparaissent alors : kérosène pour les avions, gazole pour nos moteurs diesel, et fioul domestique ;
  5. À la fin,  il ne reste plus que les résidus : les bitumes pour nos routes.

RIEN NE SE PERD DANS LE PÉTROLE !

Qu’il soit consommé ou non, le gazole qui sort de la raffinerie représente 21 % de la masse du pétrole brut. C’est 45 % pour l’essence.
Qu’en fait-on si on ne le consomme plus ?
Vers la fin des 1960, seuls les camions, les gros bateaux et quelques rares voitures étaient équipés de moteurs diesel. Tout le gazole issu des raffineries n’était pas entièrement consommé. Le surplus était jeté à la mer !

Devant ce manque à gagner, les compagnies pétrolières ont demandé aux constructeurs automobiles de développer de petits moteurs diesel.
Avec de nouveaux alliages acceptant des hautes températures, des taux de compression plus élevés et l’intégration de système de suralimentation (les turbos), les constructeurs ont obtenu des moteurs diesel performants, fiables, avec une grande longévité et qui consommaient moins que les moteurs à essence.

Le succès des moteurs diesel a donc été fulgurant, aidé durant plus de 50 ans par une fiscalité avantageuse sur le gasoil.

À l’époque, des panneaux publicitaires faisaient l’apologie du moteur diesel, et la presse vantait son écologie, qui polluait moins que le moteur à essence…

RÉSULTAT

Il existe en France un déséquilibre entre la demande d’essence et de gazole (le double) en partie importé…, alors que la France exporte de l’essence vers les États-Unis, où c’est l’inverse.
Les pétroliers veulent donc inverser la tendance pour revenir à un équilibre. Mais il n’est pas question d’éradiquer le diesel au risque de retourner au déséquilibre inverse des années 1960…

Alors, comment résoudre ce dilemme pour que chaque partie y gagne et que le cochon de contribuable paie ?
Puisque les citoyens choisiront toujours la meilleure performance, il faut donc faire une campagne de dénigrement du moteur préféré des usagers avec incitation à l’essence et hausse du gazole.
 
Les politiques et les médias ont mobilisé une poignée d’intégristes écologistes, les idiots utiles, pour bourrer le crâne des automobilistes, et ainsi façonner l’opinion publique pour fabriquer le consentement.
 
Lorsque l’équilibre sera rétabli (2 véhicules essence pour 1 véhicule diesel), alors, comme par magie, le gazole sera de nouveau paré de vertus.

Il faut se rappeler que si le problème du rejet des particules par les diesels a été résolu par l’adjonction de filtres à particules qui piègent 99 % des émissions sur les voitures, il n’en est pas de même pour les gros bateaux qui fonctionnent au fioul lourd. Ces derniers rejettent aussi du dioxyde de soufre.
 
Or, un tiers du pétrole mondial est consommé en mer…

_____________________________________________________________________________
Article reproduit avec l'autorisation de l'éditeur :
https://www.contrepoints.org/2019/03/15/339319-le-veritable-dilemme-qui-se-cache-derriere-la-penalisation-du-diesel 
 
(Mis en ligne le 15 mars  2019)