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Hommage à Jacques Duran: quelques faits scientifiques relevés à propos des cycles solaires

Référence de l'article : DC7168
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écrit par Jacques DURAN (16 Février 1942 - 26 Octobre 2018),Physicien, Directeur de Recherches au CNRS, ancien Vice-Président de l'Université Pierre et Marie Curie, ancien professeur à l'ENS et à l'X, referee officiel de nombreuses revues scientifiques,(3 Novembre 2018)

(En hommage à M.Jacques DURAN, qui nous a quitté le 26 octobre 2018, nous reproduisons ci-dessous un court extrait du site qu'il avait créé (sous un pseudonyme) en 2006. Nous avons choisi comme extrait un passage consacré aux cycles solaires. Pourquoi ? Parce que les changements climatiques naturels passés (au cours des centaines de millions d'années écoulées), ainsi que ceux à venir, sont dûs, d'une part aux transformations géologiques de la Terre, d'autre part aux cycles de Milankovic, et enfin aux cycles solaires. A très court terme, ils sont dûs également à l'activité anthropique, et cela dans une proportion, par rapport aux causes naturelles, qui reste à quantifier.

Or, à la différence des trois cycles de Milankovic (excentricité, obliquité, et précession), qui sont des cycles longs (plus de 400 000 années pour le plus long, environ 23 000 années pour le plus court), les cycles solaires sont des cycles très courts, à tel point qu'ils sont à... échelle humaine. Par conséquent, se pencher sur de petites variations de température, de l'ordre de 1 à 2 degrés, nécessite de s'intéresser aussi aux cycles solaires...NDLR).


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Les chercheurs qui travaillent sur le rayonnement solaire (les astrophysiciens) ont fait bien d'autres observations que l'étude de la simple variation de l'ensoleillement de l'astre solaire et là, je dois dire qu'en tant que scientifique, les résultats m'ont impressionné, d'autant plus qu'il ne s'agit, cette fois-ci, aucunement de prévisions d'ordinateurs, mais bien d'observations expérimentales et de mesures incontestables et incontestées ! 

Plus moyen de critiquer de multiples jeux de paramètres ou d'équations. Cette fois-ci, ce sont de vraies preuves ! Comme vous allez le voir, le processus d'analyse à partir de faits, et uniquement de faits, et non point de résolutions d'équations alambiquées, ressemble tout à fait à une enquête de Sherlock Holmes. Le scénario est en trois étapes.

Pour vous expliquer tout cela de manière aussi pédagogique que possible, je vais vous faire suivre pas à pas l'histoire des découvertes telles qu'elles ont été faites au cours de cette dernière dizaine d'années, jusqu'à maintenant. N'ayez pas peur, le raisonnement est facile à suivre et les évidences crèvent les yeux ! Allons-y !

Première étape : Observation de corrélation entre la durée des cycles solaires et la température du globe 

Des chercheurs astrophysiciens Danois qui travaillent depuis une dizaine d'années sur ce problème ont eu l'idée originale de tracer sur un même graphique la température moyenne du globe de 1750 à 2000 (courbe blanche ci-contre) et la durée des cycles solaires pendant la même période (en jaune sur le même graphique).

Comprenons-nous bien : les chercheurs n'ont pas essayé de superposer les variations d'éclairement ou d'énergie émise par le soleil pendant cette période mais bien la durée des cycles des éruptions solaires, pour voir s'il y avait une possible relation entre ces données. et la température terrestre. Autrement dit, ils se sont posé la question suivante : " La température du globe a-t-elle une relation quelconque avec la durée des cycles d'éruptions solaires ? "

Voir le résultat des mesures compilées par Karen Labitzke (référence 1987, "Sunspots, the QBO, and the stratospheric temperature in the North Polar region". Geophysical Research Letters, 14, 535.) (à retrouver ici), ainsi que ( Soon, W., et al. (1996). Inference of solar irradiance variability from Terrestrial Temperature Changes, 1880–1993: an astrophysical application of the sun-climate connection. Astrophysical Journal, 472, 891). 

Voir aussi : Labitzke, K., The global signal of the 11-year sunspot cycle in the stratosphere: Differences between solar maxima and minima, Meteorol. Zeitschift, 10, 83-90, 2001Al Pekarek a aussi retracé ce graphique, utilisant la durée des cycles solaires, jusqu'en 2001.


 
A moins d'être aveugle, on voit que cela a bien l'air d'être le cas.

A noter que l'échelle de droite est graduée en durée des cycles solaires magnétiques et l'échelle est inversée par rapport à la convention habituelle. La moyenne de ces cycles tourne autour de 22 ans qui est la durée classique des cycles de Hale. Cette durée est égale au double de celle des cycles bien connus de Schwabe qui, elle, est de 11 ans environ. Cela tient au fait que le soleil renverse sa polarité magnétique lors du passage d'un cycle solaire au suivant (voir, par exemple, ici) et que la polarité magnétique du soleil (et de la Terre) joue un rôle important, comme nous le verrons plus bas.
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Addendum du 5 Mai 2010 : Des images, du même type que la précédente, de corrélation [température/durée des cycles solaires] ou de corrélation [extension des glaces/durée des cycles solaires] tirées d'une présentation Poster à la "Final ACSYS Science Conference, Arctic and Antarctic Research Institute, St. Petersburg," 11-14 November 2003 (Merci au lecteur qui m'a communiqué cette référence).

Auteurs : Torgny VinjeNorwegian Polar Institute, Norway 
Hugues Goosse, Université Catholique de Louvain, Belgium



Fig. 5.
Ligne rouge : anomalie de température par rapport à moyenne (1961-1990) au Nord du 62N (selon Polyakov 2001). les températures avant 1880 ne sont pas représentatives d'une moyenne circumpolaire.

Ligne bleue : déviations par rapport à la durée moyenne du cycle solaire pendant la période 1961-1990 (10,6 années) lissées selon la méthode L121 indiquée dans http://web.dmi.dk. La corrélation entre les deux lignes est de 0.93.

Les échelles sont inversées comme dans le graphique précédent.


Fig. 6.
Echelle de gauche et courbe bleue: Anomalie normalisée par rapport à la moyenne de l'extension de la glace de la Mer de Barents en août (1750-2000).

Echelle de gauche et courbe rouge :
Anomalie normalisée par rapport à la durée moyenne du cycle solaire entre 1750 et 2000, selon Friis-Christensen and Lassen (1991), Lassen et Friis-Christensen (1995), and Thejll et Lassen (2000) notée (L12221) et donnée sur le site http://web.dmi.dk. La corrélation entre les deux courbes est 0.7
 
De fait, il ne s'agit pas, cette fois-ci, de corréler une seule montée de température avec une seule montée de concentration de CO2 comme l'ont fait les tenants de l'effet de serre, mais bien, plusieurs montées et descentes de température avec plusieurs augmentations et diminutions de la durée des cycles solaires en fonction du temps. Le test est beaucoup plus discriminant puisque la température à beaucoup varié en montées et en descentes durant ces périodes.

Disons pour l'instant et pour rester prudent (Corrélation n'est pas raison !) que la coïncidence entre les températures et la durée des cycles solaire est impressionnante et n'est sans doute pas le fait du hasard. C'est très bien, mais comment expliquer cela ? se sont demandés les chercheurs qui travaillent dans ce domaine. A noter que ces observations sont totalement ignorées dans les rapports finaux du GIEC jusqu'à nos jours. Mais comme les évidences se sont affinées et les preuves accumulées depuis, ils doivent se faire bien du souci à l'ONU (qui est le responsable du GIEC) les partisans de l'effet de serre du CO2! Et cette relation profonde entre le rayonnement cosmique ionisant ne date pas d'aujourd'hui, loin de là.
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Mis à jour : Juillet 2011. Les résultats de Friis-Christensen et Lassen qui datent de 1991 ont été abondamment critiqués; jusqu'à être prétendus erronés, par les tenants de l'effet de serre. Ils ont pourtant été confirmés, quelques années plus tard, par deux chercheurs irlandais qui ont utilisé les données du Armagh Observatory, lequel présente la particularité de posséder une des bases de données de température les plus longues existantes à ce jour. Ces deux chercheurs ont publié leurs résultats en 1996 dans le JASTP : Journal of Atmospheric and Terrestrial Physics, Vol. 58, No. 15, pp. 1657-1672, 1996 :

« A provisional long mean air temperature series for Armagh Observatory »
Une longue série provisoire de données sur la température moyenne conservée à l'Observatoire de Armagh 
C. J. Butler and D. J. Johnston

Armagh Observatory, College Hill, Armagh BT61 9DG, Northern Ireland, U.K.

Résumé : Deux longues séries de température moyenne de l'air à la surface sont présentées pour l'Observatoire de Armagh. L'une est basée sur la mesure "spot" de deux températures quotidiennes (de 1796 à 1882) et l'autre sur les mesures des maximas et minima de températures quotidiennes de 1844 à 1992. Nos données confirment la corrélation de température avec la durée des cycles solaires suggérées, en premier; par Friis-Christensen et Lassen (Science 254, 698, 1991). Pour ce site (NdT : Armagh), on prolonge leurs résultats de 65 années en allant vers la fin du XVIIIème siècle. 
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Une autre étude de Jan Veizer (professeur de géochimie à Ottawa, Canada), cette fois, concerne des périodes très reculées de l'histoire. Lors de forages profonds, la proportion d'isotopes (Be10, Chlore36 et Carbone14) trouvés dans les carottes donne une bonne indication de l'irradiation de la planète par les rayons cosmiques de haute énergie. D'autre part, la proportion des isotopes O16-O18 et la variation des faunes fossiles permettent d'estimer la température.

Ci-contre les résultats absolument confondants de l'étude de Jan Veizer (réf Veizer J. (2005), Celestial climate driver: A perspective from four billion years of the carbon cycle, Geoscience Canada, 32, 1, 13-28.)

A voir l'excellente concordance des variations de le température terrestre avec l'irradiation ionisante, on comprend que Jan Veizer soit devenu très sceptique sur le rôle du CO2 dans le réchauffement climatique. Alors quoi ? Ce qui était vrai pendant 500 millions d'années ne serait plus vrai pendant notre petit siècle ? Les éruptions solaires ne concerneraient plus notre vieille Terre ?

A noter un petit point historique très intéressant et qui parait un peu insolite sur cette question : l'idée que les éruptions solaires influencent le climat de notre Terre n'est pas nouvelle. Ainsi, en 1801, un astronome anglais, Sir William Herschel (le découvreur de la planète Uranus et du rayonnement infrarouge qu'il avait trouvé en plaçant un thermomètre derrière un prisme) avait remarqué que le prix du blé semblait directement contrôlé par le nombre de taches (éruptions) solaires qu'il observait avec son télescope (réf : Phil. Trans. Roy. Soc. London, 91, 265 (1801)).

Il pensait que la couverture nuageuse était plus importante quand il y avait moins d'éruptions solaires et donc moins de blé, dont les prix montaient ! A noter, comme vous allez le voir, que William Herschel qui utilisait des moyens très réduits, avait un sens très profond de l'observation. Il avait déjà presque tout pressenti ! C'était un génie, sans doute bien meilleur que bien des climatologues d'aujourd'hui !

Voici exactement ce qu'il a dit en 1801:“I am now much inclined to believe that openings [i.e., sunspots] with great shallows, ridges, nodules, and corrugations, instead of small indentations, may lead us to expect a copious emission of heat, and therefore mild seasons.” Autrement dit :

"Je suis maintenant très enclin à penser que les taches (NDLR : les éruptions solaires) avec des bordures profondes, des nodules et des rayures, plutôt que de légères indentations, doivent nous conduire à attendre une copieuse émission de chaleur et donc à des saisons plus douces ».

L'histoire raconte que la déclaration de William Herschel sur la corrélation entre le cours du blé et l'intensité des taches solaires, prononcée devant l'honorable Royal Society de Londres, déclencha une tempête de rires et qu'il fut contraint de quitter la salle sous les quolibets. Lord Brougham alla jusqu'à utiliser le qualificatif de "grand absurdity " pour qualifier cette hypothèse. Et pourtant, ce n'était pas du tout absurde comme allaient le montrer les recherches effectuées quelques deux siècles plus tard.

Ci-contre, à droite, voici comment on observait les taches solaires au début du XVIIème siècle.



En bref, Herschel pensait que les éruptions solaires jouent un rôle important pour déterminer la température terrestre. Le prix du blé n'est rien d'autre qu'un marqueur (un proxy comme disent les américains et, à l'époque, il n'y en avait pas d'autre). En matière de science, c'est ce que nous appelons un indice. Sans plus, car nous ne connaissions pas le détail des mécanismes et la bonne question c'était : Par quel processus ? Comment les taches solaires que Herschel observait pouvaient-elles bien influencer le climat de notre planète ? Tout le monde l'ignorait, bien entendu, et il fallut attendre 202 ans pour que les observations de Herschel soient vérifiées en détail et que des tentatives d'explications de la physique du phénomène apparaissent enfin et, aussi, que Lord Brougham "mange du corbeau" (toujours comme disent les américains, pour "reconnaître ses torts").

Plus près de nous, mais toujours dans la série de grands précurseurs ou visionnaires, je ne peux manquer de vous citer une phrase particulièrement prophétique due à l'Abbé Théophile Moreux (photo ci-contre crédit). Elle figure à la page 64 de son œuvre maîtresse, "Le Ciel et l'Univers" (Gaston Doin et 



Cie, Paris 1928). L'Abbé T. Moreux (1867-1954) était, tout à la fois, un astronome remarquable (il a donné son nom à un cratère de la planète Mars et il était un spécialiste des taches solaires), un météorologue passionné et un vulgarisateur hors-pair.

Outre un certain nombre d'articles scientifiques et quarante années de relevés météorologiques, il nous a laissé une centaine de livres de réflexions sur divers aspects de la science. L'Abbé Moreux est toujours honoré de nos jours et notamment dans la ville de Bourges (voir ici) où il a passé une grande partie de son existence et construit, successivement, deux observatoires.

A noter que l'Abbé Moreux prit part à la Résistance pendant la seconde guerre mondiale et qu'il fut arrêté par les Allemands. Un officier Allemand, astronome amateur, qui avait lu ses livres, le fit libérer in extremis.
 
Voici ce que Théophile Moreux a écrit dans le livre cité plus haut et que m'a signalé un lecteur cultivé (que je remercie) :

"...Tous ces phénomènes (NDLR : résultant de l'activité solaire) ont une répercussion sur l'état d'ionisation de la haute atmosphère et retentissent sur notre climatologie. Les détails de cette action puissante nous échappent encore, mais les physiciens, n'en doutons pas, sauront un jour ou l'autre en démêler les lois, malgré quelques météorologistes attardés qui cherchent toujours en bas alors qu'il faut regarder plus haut.Théophile Moreux, 1928.

C'était déjà une tentative d'explication assez prophétique. On se demande quels étaient, en 1927, les "quelques météorologistes attardés qui cherchent toujours en bas alors qu'il faut regarder plus haut", mais on ne peut s'empêcher de faire le parallèle avec la situation actuelle....



Un autre grand savant surtout connu parce qu'il est le premier à avoir mesuré la charge de l'électron, le Professeur Millikan de CalTech (Prix Nobel de Physique 1923), a lui aussi pensé que les rayons cosmiques pouvaient influer sur le climat comme nous le rappellent cette image et le texte ci-contre, extraits de "Popular Science" en Mars 1931.Le titre (journalistique) était " Les rayons cosmiques peuvent permettre de prévoir le climat"(Merci au lecteur érudit).
 
Pour leur part, plus récemment et en relation avec les observations de William Herschel ...



deux chercheurs Israéliens (Lev A. Pustilnik et Gregory Yom Din)
 ont vérifié, en 2003 et 2004, en utilisant des moyens modernes, cette frappante corrélation entre le prix du blé et la variation des cycles solaires entre 1249 et 1703 (référence accessible).

Plus extraordinaire encore, ils ont analysés les variations du prix du blé aux Etats Unis entre 1900 et 2000 et ils ont encore trouvé une excellente corrélation avec les cycles solaires (référence accessible) et les hausses et les baisses du marché du blé. Cet aspect de la phénologie (i.e. l'étude de l'influence du climat sur la croissance des végétaux, mise en vedette par Emmanuel Leroy Ladurie, en particulier) est très intéressant.

Une aussi éclatante corrélation (qui n'est pas raison !) ne peut être due au hasard. Elle devrait convaincre les partisans de l'effet de serre du CO2, que les éruptions solaires ont probablement une influence importante sur le climat par le biais de la couverture nuageuse, comme je vais vous l'expliquer ci-dessous.
 

Deuxième étape : la durée des cycles solaires influence la trajectoire des particules ionisantes émises de l'espace et atteignant la Terre


Tout d'abord, il nous faut comprendre ce qui se passe quand le soleil rentre en éruption, approximativement tous les onze ans, avec un variation lente de l'amplitude au cours des siècles. Je rappelle que nous sommes actuellement entrés dans une période de très intense activité des éruptions solaires. 

Il est connu depuis longtemps que les éruptions solaires si elles font assez peu varier la luminance de l'astre, induisent ce que l'on appelle des orages magnétiques. Ces orages magnétiques d'intensité variable dans le temps et l'espace, apparaissent de manière concomitante avec les éruptions du soleil. Leur première conséquence est de dévier les flux de particules ionisantes (les rayons cosmiques découverts par Viktor Hess en 1912, prix Nobel 1936) qui, venant de très loin, traversent l'espace à grande vitesse et viennent impacter notre planète. Vous en voulez une preuve ? La voici sur la figure suivante :


 
Les deux courbes du haut de cette figure représentent le nombre des particules ionisantes qui parviennent sur Terre mesurées dans deux chambres de détection aux États Unis entre 1937 et 2000.

Comme on le voit l'accord temporel entre le nombre d'éruptions solaires et le nombre de particules ionisantes est parfait. D'autre part, on voit que le maximum d'intensité des éruptions solaires correspond à un minimum du nombre de particules ionisantes qui parviennent sur notre planète. C'est essentiel pour comprendre la suite de ce petit exposé.

Ces courbes ont été compilées par le Professeur Svensmark et son équipe de l'Institut de recherches spatiales danois à Copenhague. Les travaux que je vous expose ont été rapportés dans les meilleures revues internationales comme Physical Review Letters (Le gotha des physiciens !) et ne sont pas sujettes à caution.

Ainsi, cette courbe, d'origine expérimentale, ne peut être contestée. Le professeur Svensmark et son équipe confirment ainsi ce que l'on pensait déjà et qui résulte du phénomène suivant :

 « Les éruptions solaires induisent des orages magnétiques qui dévient les particules ionisantes qui devraient normalement atteindre notre planète : Lorsque les éruptions sont brutales (i.e. de courte durée), le nombre des particules ionisantes qui atteignent notre planète est minimal : c'est tout simple et nul ne conteste ces faits !

Bon, c'est très bien tout cela, se disent les chercheurs. Mais que font donc ces particules ionisantes lorsqu'elles arrivent sur Terre et comment cela peut-il influencer la température de notre planète ? Pour être honnête, disons que de nombreux physiciens et astrophysiciens avaient déjà pressentis, comme le professeur Svensmark, ce que je vais vous raconter. Travaillant indépendamment aux quatre coins de la planète (au moins, aux USA en Israël, au Japon et en Russie), ils étaient parvenus à la même conclusion : Les particules ionisantes doivent influencer la basse couverture nuageuse de la Terre et ainsi son ensoleillement et donc sa température.

Encore fallait-il le prouver et expliquer par quel processus physique! Nous arrivons à la troisième étape.

Troisième (et dernière) étape : Les particules ionisantes venues de l'espace, plus ou moins déviées par les éruptions solaires, influencent grandement la couverture nuageuse de la Terre, et donc sa température !

Le professeur Svensmark et son équipe Danoise ont alors lancé un projet de programme d'expériences auprès du CERN (Centre d'Etude et de Recherche Nucléaire de Genève). Ce programme appelé "Programme CLOUD" (cloud= nuage en anglais).Il s'agit d'une collaboration internationale impliquant pas moins de 60 scientifiques appartenant à 17 grandes institutions de la science provenant de 10 pays. L'investissement est évalué à 9 millions d'euros : ce n'est pas rien !

Le but de ce programme est d'établir le lien physique entre les radiations ionisantes venues de l'espace et la formation des nuages dans la troposphère de notre planète. Autrement dit, d'essayer de comprendre si et comment les particules ionisantes peuvent changer la couverture nuageuse de la Terre et donc modifier son ensoleillement et donc... sa température, ce que beaucoup persistent à nier...comme Lord Brougham en 1801 et le rapport du GIEC en 2007 !

Voici un exemple des résultats étonnants obtenu par l'équipe de Svensmark et rapporté en 2000 dans Physical Review Letters (une revue au-dessus de tout soupçon). La courbe ci-dessous présentée par Henrik Svensmark lors d'une conférence en 2005 a été implémentée par les résultats obtenus entre 2000 et 2005 :

Avouez que le recouvrement de la courbe rouge  intensité des rayons cosmiques) et de la courbe bleue (taux de couverture nuageuse à basse altitude) est pour le moins confondante...



D'autre part, et plus récemment et pour en savoir plus, le professeur Svensmark et ses collaborateurs ont construit une grande chambre d'ionisation (une sorte de grande boite transparente) entourée d'une multitude d'instruments d'observation et remplie avec les gaz qui constituent la partie inférieure de l'atmosphère terrestre, avec les compositions variables des différents constituants (Azote, oxygène, H20, CO2, SO2, sulfates etc.).

C'est le projet SKY (nuages en Danois). Ils ont ainsi réalisé, dans cette chambre d'ionisation, une petite atmosphère terrestre. Puis ils ont irradié l'ensemble avec des rayons lumineux identiques à ceux du soleil et avec des particules ionisantes identiques à celles qui sont générées par les rayons cosmiques et qui proviennent généralement des étoiles qui explosent en permanence et essentiellement dans la voie lactée. A la grande surprise des expérimentateurs et du professeur Svensmark lui-même, les résultats ont été d'une efficacité stupéfiante. Ils ont parus, sans tambour ni trompette, le 4 octobre 2006 dans les Proceedings of the Royal Society A, publiés par la Royal Society et l'Académie des Sciences Britannique qui est, bien entendu, une revue au-dessus de tout soupçon.

Les média (s'ils sont au courant ?) n'en ont soufflé mot. Ils ont eu tort, car, de l'avis général, cette découverte représente une vraie nouveauté dans la connaissance du climat de la Terremême si elle ne leur fait pas plaisir, parce qu'à elle seule, et dans la mesure où elle est confirmée, elle pourrait permettre d'expliquer en grande partie, si ce n'est la totalité, des variations de température de la Terre, passée, présentes et futures ...sans l'effet de serre du CO2 !


 
Voici une autre version de la superposition précédente parue dans Science (298, 1732 (2002)) ( KS Carslaw, RG Harrison et J. Kirkby).

Ce graphe, qui porte malheureusement sur une durée limitée, a la mérite de rassembler sur le même graphique, la variation de fraction de nuages bas (inférieurs à 3 km) en bleu, la variation mesurée de l'irradiance solaire (au sol) en pointillés noirs et la variation des rayons cosmiques mesurés à Hawa, en tirets rouges.

Notez que l'échelle des irradiances solaires est inversée, comme de bien entendu.
RG Harrison est bien le même Regis Harrison de Reading qui est cité ci-dessous.
 
Les idées du professeur Svensmark, du Dr Shaviv en Israël et de quelques autres sur la planète, dont de nombreux chercheurs Russes sont finalement très simples : Lorsque l'activité solaire est très intense comme cela a été le cas à la fin du siècle dernier, les orages magnétiques qui lui sont associés, dévient efficacement les particules qui normalement fabriqueraient des nuages à partir de la vapeur d'H2O présente dans l'atmosphère.

Par un processus qui n'est pas encore totalement éclairci et sur lequel les débats vont bon train, l'ensoleillement résultant sur la Terre est plus intense et la Terre s'échauffe. En revanche, lorsque l'activité solaire est plus faible (comme en 2007-2008, voir ici), l'héliosphère devient plus transparente et les rayons ionisants parviennent, en plus grand nombre, jusqu'à l'atmosphère de notre planète provoquant ainsi un refroidissement qui résulte de l'augmentation de l'albedo des nuages.

D'ailleurs, des mesures satellitaires ont confirmé ce point de vue, malheureusement pour une période assez courte (il n'y avait pas de satellites autrefois !). Bref, c'est simple à comprendre mais c'est révolutionnaire en matière de science des climats et... ce n'est évidemment pas inclus dans les simulations numériques des partisans de l'effet de serre anthropogénique, ni dans les rapports du GIEC dont je vous ai parlé plus haut qui ne font intervenir que les faibles variations de luminance du soleil bien insuffisantes pour expliquer les variations actuelles.

C'est vrai. Je ne serais d'ailleurs pas étonné que le Professeur Svensmark, avec ses collègues et le Dr Shaviv de Jérusalem, reçoivent un jour le prix Nobel pour cette découverte qui révolutionne nos idées dans cette matière. Mais sans doute faudra-t-il attendre que tout le battage médiatique sur l'effet de serre soit retombé et que les innombrables polémiques soulevées par cette découverte se soient calmées. Car n'imaginez pas que les tenants de l'effet de serre anthropogénique restent inactifs. Loin de là !

Cette découverte est pour eux une véritable catastrophe et ils consacrent beaucoup d'énergie à la minimiser, voire à la ridiculiser...Par exemple, et à l'instar de Sir Brougham en 1801, et quelques 200 ans plus tard, un autre membre éminent de l'establishment, R. Pachauri, le président du GIEC, rejeta violemment les idées de Svensmark et Friis-Christensen en les qualifiant de "naïves et irresponsables".

Un point important pour les inquiets : Nous sommes actuellement à la fin du cycle 23. D'après ce que nous connaissons des cycles solaires et de leurs évolutions à long terme, et si cette dernière théorie s'avérait exacte, la Terre devrait se refroidir sérieusement dans les années qui viennent ! Vous trouverez ici une bibliographie avec des liens actifs des principaux articles de Svensmark et de ses collaborateurs.

Le temps (dans tous les sens du mot) nous dira qui a raison !

Il s'écoulera sûrement beaucoup de temps avant que les choses se clarifient et soient admises par tout le monde comme une évidence. C'est comme cela en Science : plus une découverte est révolutionnaire, donc importante, et va contre la Pensée Unique, plus elle met du temps à s'imposer. Par exemple, Alexander Fleming, le découvreur de la pénicilline (le premier antibiotique qui a sauvé des millions de vies humaines), a mis plus de 10 ans avant de faire admettre et produire sa découverte. Et encore, nous étions au début de la seconde guerre mondiale : la pénicilline devenait indispensable !



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L'étude ci-dessus est extraite in extenso (sans coupures, ni ratures, ni ajouts) du site "Pensée Unique", fondé par Jacques DURAN, et est publiée ici en sa mémoire:

http://www.pensee-unique.fr/theses.html#opposant

(Mis en ligne le 3 Novembre 2018)

La photo ci-dessous est extraite du site de la NASA:


 

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