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Tout ce que vous rêviez de savoir sur le GIEC et que vous n’osiez pas demander

Référence de l'article : CC2950
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Le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) est un organisme intergouvernemental, ouvert à tous les pays membres de l'ONU. Il  a pour mission d’évaluer, de façon méthodique,  les informations d’ordre scientifique, technique et socio-économique afin de  mieux comprendre les risques liés au changement climatique d’origine humaine, cerner plus précisément les conséquences possibles de ce changement et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation. Il n’a pas pour mandat d’entreprendre des travaux de recherche ni de suivre l’évolution des variables climatologiques ou d’autres paramètres pertinents. Ses évaluations sont principalement fondées sur les publications scientifiques et techniques dont la valeur scientifique est largement reconnue.

Le GIEC a été créé en novembre 1988, à la demande du G7, par deux organismes de l’ONU : l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)2. Le prix Nobel de la paix lui a été attribué en 2007 conjointement avec Al Gore3.

Le GIEC n'est donc pas un organisme de recherche, mais un lieu d'expertise visant à synthétiser des travaux menés dans les laboratoires du monde entier1.

Le GIEC est organisé en trois groupes de travail :

·        Le Groupe I étudie les principes physiques du changement climatique ;
·        Le Groupe II étudie les impacts, la vulnérabilité et l'adaptation au changement climatique ;
·        Le Groupe III étudie les moyens d'atténuer (mitigation) le changement climatique.
Un rapport spécial a été publié sur les scénarios d'émission (SRES : Special Report on Emission Scenarios), qui a été la base de certaines simulations dans les travaux des groupes de travail.
S'y ajoute une équipe spéciale pour les inventaires nationaux de gaz à effet de serre, qui a produit des guides méthodologiques pour ces inventaires.

Chaque groupe de travail (et l'équipe spéciale) a deux co-présidents, l'un représentant les pays développés, l'autre les pays en voie de développement.
L'économiste indien Rajendra Pachauri est président du GIEC depuis 2002.
Le GIEC tient une séance plénière annuelle associant des centaines de représentants des gouvernements et des associations participantes. Chaque pays membre dispose d'une voix (les petits pays ont donc autant de pouvoir que les grands). L'assemblée y établit le champ des rapports à produire et valide les rapports établis.
Le GIEC réunit également des ateliers d'experts sur les différentes questions touchant au changement climatique et peut apporter son expertise à l'occasion de conférences. Ses activités sont principalement la production des rapports (rapport d'évaluation, rapports spéciaux)7, de directives méthodologiques et de documents techniques.
Le GIEC publie de nombreux rapports. Ces rapports sont désignés sous les acronymes suivants :
·        FAR (First Assessment Report) pour le Premier rapport (1990)
·        SAR (Second Assessment Report) pour le Deuxième rapport (1995)
·        TAR (Third Assessment Report) pour le Troisième rapport (2001)
·        AR4 (4th Assessment Report) pour le Quatrième rapport (2007)
·        AR5 (5th Assessment Report) pour le Cinquième Rapport (planifié pour début 2014)..
 
Premier rapport d'évaluation (en 1990)
Dans ce premier rapport8 de 1990, le GIEC observe que les émissions dues aux activités humaines accroissent sensiblement la concentration dans l'atmosphère des gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, chlorofluorocarbones, oxyde nitreux) et renforcent l'effet de serre naturel. Le GIEC établit quatre scénarios d'émissions futures qui vont du scénario A (aucune mesure n'est prise) aux scénarios B, C, D (correspondant à des degrés de réglementation croissants). Il prévoit un doublement des concentrations équivalentes de dioxyde de carbone par rapport aux niveaux pré-industriels entre 2025 et 2050 pour les scénarios A à C, et 2100 pour le scénario D. Dans le cas du scénario A, le GIEC prédit une augmentation de température d'environ 3 °C d'ici 2100, ainsi qu'une augmentation du niveau des mers de 65 cm. Dans le cas du scénario D, l'augmentation de température sur un siècle ne serait que de 1 °C.
Le GIEC souligne les incertitudes relatives à ces prévisions, dues à une méconnaissance des sources et des puits de gaz à effet de serre, et aux réactions des nuages, des océans et des calottes polaires face à un changement du forçage radiatif provoqué par l'augmentation des gaz à effets de serre. En particulier, les phénomènes de rétroaction sont mal connus.
Le GIEC observe que, depuis 1900, la température a augmenté d'environ 0,5 °C et que le niveau de la mer a monté d'environ 15 cm. Ces variations sont du même ordre de grandeur que les variations naturelles du climat, mais il est possible également que ces variations naturelles aient contribué à réduire le réchauffement dû à un effet de serre anthropique. Le GIEC se donne 10 ans pour pouvoir confirmer le renforcement de l'effet de serre.
Le rapport essaie également d'évaluer quels impacts auraient un tel réchauffement sur l'agriculture, les écosystèmes, les ressources en eau, la santé publique. Il examine quels moyens pourraient être mis en œuvre pour réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Ce rapport a incité l'ONU à établir une « Convention-cadre sur les changements climatiques » adoptée en 1992 et entrée en vigueur en mars 1994. En 1992, le GIEC a produit un rapport supplémentaire destiné aux négociateurs de cette Convention-cadre au Sommet de la Terre de Rio de Janeiro, la même année.

Deuxième Rapport d’évaluation : « Changements climatiques 1995 » 
 
Entre les années 1990 et 1995, des études ont été menées pour parvenir à distinguer les influences naturelles qui s'exercent sur le climat et celles qui relèvent d'une activité anthropique. Le rapport9 de 1995 estime que l'évolution du climat depuis un siècle s'explique mieux en tenant compte d'une influence anthropique, et que cette évolution n'est vraisemblablement pas d'origine naturelle. Il reprend les prévisions du précédent rapport, tout en rappelant les incertitudes portant sur ces prévisions.
Ce rapport a fourni les bases de négociation du protocole de Kyoto.

Troisième Rapport d’évaluation : " Bilan 2001 des changements climatiques"  

Il comprend les trois rapports des groupes de travail et un rapport de synthèse sur les questions scientifiques directement liées avec les politiques à suivre.
Selon ce rapport10, les années 1990 auront été la décennie la plus chaude sur la période 1860-2000. Les changements concernant le niveau de la mer, la couverture neigeuse, la superficie des glaces et les précipitations sont révélateurs d'un réchauffement du climat. Une responsabilité humaine à ce réchauffement est davantage soulignée que dans les précédents rapports. Le rapport prévoit une augmentation de température entre 1,4 °C et 5,8 °C entre 1990 et 2100 et estime que le rythme du réchauffement est sans précédent depuis les dix derniers millénaires.
Alors que les précédents rapports étaient passés relativement inaperçus au sein du grand public, c'est essentiellement à la suite de ce rapport et entre 2000 et 2005 que la question de l'existence d'un réchauffement climatique et d'une éventuelle responsabilité humaine sont massivement traitées dans les médias11. C'est également à partir de 2000 que se développe une vive opposition aux conclusions et prévisions alarmistes du GIEC. C'est également vers cette époque que la question climatique entre dans les débats politiques.

Quatrième Rapport d’évaluation : « Changements Climatiques 2007 »
 
Le quatrième rapport d'évaluation (AR4) a été publié le 16 novembre 2007. Il compile les travaux de chacun des Groupes de travail présentés lors de trois sessions échelonnées au cours de l'année :
·        Le rapport du Groupe de travail I sur les bases scientifiques physiques des changements climatiques présenté à Paris, le 1er février 200712,13.
·        Le rapport du Groupe de travail II sur les conséquences, l’adaptation et la vulnérabilité aux changements climatiques présenté à Bruxelles, le 5 avril 200714,15.
·        Le rapport du Groupe de travail III sur l’atténuation des changements climatiques présenté à Bangkok, le 3 mai 200716,17.

·       
Le Rapport de synthèse (RSY) qui fait la synthèse des précédents. Il fut rédigé sous la direction de Rajendra K. Pachauri, Président du GIEC, et publié avec la version finale de l'AR418.
Chacune de ces quatre parties est accompagnée d'un « Résumé à l’intention des décideurs » (summary for policy-makers, SPM) qui récapitule dans un format condensé les conclusions du groupe de travail pour des non-experts, et en particulier les décideurs politiques. L'AR4 servit ainsi de base aux négociations de la Conférence de Copenhague de 2009.

Cinquième Rapport d'évaluation : « Changements Climatiques 2014 »

Le GIEC travaille actuellement à la préparation de son cinquième rapport, prévu pour 2014. Un document a été diffusé en avance de phase dès décembre 2012 23 par un des réviseurs, sans l'accord du GIEC. En réaction, le GIEC a publié un « démenti » en forme de mise au point 24, à la suite de quoi, les projets des différents chapitres du Groupe de travail II ont été publiés à leur tour25.
Le premier volet de ce 5e rapport concerne les bases scientifiques26, illustré par les scénarios RCP. Le « Groupe de Travail I » l'a présenté à Stockholm (Suède) le 27 septembre 201327.

Conclusions

Les publications officielles du GIEC ont pour objet de proposer une synthèse des connaissances scientifiques. Ces synthèses incluent les publications qui font l'unanimité et celles qui sont contestées par des scientifiques. Ces rapports sont le fruit d'un long débat qui aboutit à un consensus : l'approbation de la version finale du rapport par tous les scientifiques et tous les gouvernements faisant partie du GIEC (la quasi-totalité des pays du monde sont représentés et ont signé l'approbation de la version finale, y compris les États-Unis). 

À noter : l'appellation d'origine « IPCC » Intergovernmental Panel on Climate Change, ne contient pas le mot « Expert », alors que toutes les traductions qui en ont été faites (pour les pays de l'ONU signataires) ont rajouté ce mot.

Conservatisme ?

Le GIEC, par sa structure hybride de politique et de science, serait condamné à ne produire que des résultats scientifiques sujets à caution. D'autres considèrent que le GIEC soutiendrait, en raison même de l'interférence politique, une position de consensus a minima qui ne reflète que très partiellement l'état actuel de la recherche, et qu'il aurait tendance à sous-estimer les effets du réchauffement 5051
Selon d'autres critiques, les politiques de lutte et d'adaptation au réchauffement climatique, déjà largement insuffisante, s’appuieraient sur un cadre scientifique très largement optimiste. Le GIEC serait ainsi incapable de communiquer efficacement sur l'urgence que représente la crise climatique en cours, ce qui remettrait en cause la capacité de notre civilisation à s'adapter52. Aucune étude complète n'a été menée à ce sujet ; cependant un questionnaire non publié montre que, moins de 50 % des scientifiques sont en accord avec les résultats du GIEC. Une part importante (18 %) d'entre eux considèrent que le GIEC est conservateur et une autre part importante (17 %) d'entre eux considèrent que le GIEC est pessimiste 53.
Ainsi, la hausse du niveau de la mer est de 18 à 59 centimètres pour le GIEC54 ; alors que la valeur haute de la fourchette est de 1 à 5 mètres dans la littérature55,56,57.
La désintégration de la calotte glaciaire du Groenland se produira pour un réchauffement global de 1,9 à 4,6 °C58 ; alors que la fourchette actuelle est plutôt de 0,8 °C à 3,2 °C59,57.
La banquise arctique ne devait pas disparaître avant la fin du xxie siècle d'après le GIEC60 ; elle est en cours de désintégration et selon certains experts devrait disparaître d'ici 2020 à 203061.

Notes sur ce résumé

Le texte ci-dessus est un condensé en 1889 mots d’un texte de 4 233 mots disponible sur le Site Wikipedia.
Il nous a semblé intéressant de tenter une synthèse réalisée à partir de nombreux extraits de l’original, original, par ailleurs d’une grande qualité, que nous vous invitons à lire intégralement en cliquant sur le lien ci-dessous :

http://fr.wikipedia.org/wiki/GIEC

Par ailleurs, nous avons volontairement laissé les liens hypertexte qui figuraient sur la version d’origine, car cela permettra à nos lecteurs de repartir sur le Site Wikipedia pour tout complément d’informations qu’ils souhaiteraient obtenir sur les mots ou groupes de mots cités dans ce résumé.

(Mis en ligne le Samedi 12 octobre 2013)
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